Three Poems
I
In the house no one dreams of contradicting the father
the shimmering poplars shift a little outside
I think of the bees’ coded hum
the outpourings of clouds
how could life not provide for us
every frisson arrives too late
II
Fragile demarcation of rhythm
in the morning the lifeline crosses from one hope to another
reflected in a picture album
the inhalations the flavors the atmospheres keep watch
we know our promises by heart
we know the night is a stone
III
The ravenous earth wears us down
a tree invades the whole window
in the yellow hallway of winter two beings kiss
all things unveiling themselves and all things going dark
we are warring factions wandering and cold
all bodies stationed against what came before
I
Dans la maison nul ne songe à contredire le père
dehors les peupliers miroitants bougent un peu
je pense au bruissement codé des abeilles
aux effusions des nuages
comment la vie ne saurait rien pour nous nourrir
tout frisson nous succède
II
Fragile démarcation du rythme
au matin la ligne de vie passe d’un espoir à l’autre
réfléchie dans un album d’images
les souffles les saveurs les ambiances veillent
nous savons par cœur les promesses
nous savons que la nuit est une pierre
III
La terre est affamée et nous use
un arbre emplit toute la vitre
dans le couloir jaune de l’hiver deux êtres s’embrassent
toutes choses se dévoilant et s’assombrissant tour à tour
nous sommes les belligérants sans feu ni lieu
tout corps posté contre l’histoire